0 Connexion S’inscrire
CAHIERS DU CIRES

Cahiers du CIRES – Volume Vol.1

Année 2023

Articles contenus dans ce numéro

Editorial...................................................................................................5

Impact des conflits armés sur l’état nutritionnel des enfants en République Centrafricaine
NEMBI Cynthia, TITO Nestor Tehi, ..................................................9

Effet de l’environnement familial sur le niveau d’éducation des enfants au BENIN
ATTOLOU Nadège.............................................................................33

Inclusion financière et sécurité alimentaire en Afrique Subsaharienne
ADOU Sonia,KOUAKOU K. Clément,EGBENDEWE Y. G..A..............61

Analyse des déterminants de l’adoption de l’intensification agricole au BURKINA FASO
AMADOU Boubacar Hamsatou............................................................87
Effet du revenu non agricole sur l’investissement agricole au BURKINA FASO
BOUGMA Salamata.............................................................................115
Agricultural innovation and economic efficiency: analysis by a system approach Of stochastic frontier
OUEDRAOGO Irène, AKE N’gbo, ZAHONOGO Pam, ..................141
Accès au foncier et investissement dans l’agriculture
AKPO Y.Christelle,Tchétché N’Guessan,HOUESSOU A.Denis.........165
Finance informelle et durée de formalisation des microentreprises au
CAMEROUN : une analyse sous le prisme du genre
MAWAFO K Elsy,GBALOU Monnet,FOMBA Kamga........................189
Déterminants de la décision d’adhérer à une association et de participer à l’entreprenariat inclusif
OUBDA Judith..................................................................................217

Éditorial du numéro

La Conférence des Institutions d’Enseignement et de Recherche Économiques et de gestion en Afrique (CIEREA), initiatrice du Programme de Troisième Cycle Interuniversitaire (PTCI) est une institution qui regroupe les facultés de sciences économiques et de gestion, des centres et instituts de recherche de dix-huit (18) pays d’Afrique francophone au sud du Sahara. L’objectif de la CIEREA est d’apporter une réponse favorable aux nombreuses insuffisances constatées dans les formations de deuxièmes et troisièmes cycles en sciences économiques et de gestion d’une part et dans la recherche d’autre part. Parmi ces insuffisances, il y a notamment les inégalités de genre.
La proportion de femmes chercheurs et/ou décideurs est en effet, très faible en Afrique francophone. Les femmes restent sous représentées dans les établissements et instituts de recherche. L’objectif du programme « cent nouvelles femmes docteures en sciences économiques et de gestion pour l’Afrique francophone à l’horizon 2025 » est de contribuer de façon significative à réduire les inégalités de genre et d’accès dans l’enseignement et la recherche en sciences économiques et de gestion en Afrique francophone.
C’est donc dans le cadre des soutenances de thèse de la première promotion de ce programme que ces articles sont publiés. Trois grandes thématiques sont abordées dans ces articles à savoir (i) la sécurité alimentaire et le développement de l’enfant, (ii) l’innovation agricole et (iii) l’accès au foncier et entreprenariat féminin.

Sur la sécurité alimentaire et développement de l’enfant,
Cynthia B. NEMBI appréhende l’impact des conflits armés sur l’état nutritionnel des enfants en République Centrafricaine en mobilisant à l’aide de données MICS 2010 et 2019, l’approche d’Avant-Après et la méthode de la Double Différence avec appariement. Les résultats obtenus montrent que la crise de 2013-2014 a eu un impact négatif et significatif sur l’état nutritionnel des enfants âgés de 48 à 59 mois, mais cet impact est moins sensible chez les enfants du sexe féminin ; de même, que la crise de 2015-2017 a impacté négativement l’état nutritionnel des enfants centrafricains avec la valeur de coefficient de double différence (DD) qui est égal à -0,231.
Nadège M. ATTOLOU à l’aide d’un modèle Logit séquentiel estime la probabilité pour un enfant de passer les différentes transitions, de l’entrée à l’école primaire à l’achèvement du cycle secondaire au Bénin. Les résultats montrent que l’éducation du père et de la mère augmentent la probabilité des enfants d’entrer et d’achever le primaire, de même que pour le premier cycle secondaire tandis que le niveau de revenu du ménage augmente les chances d’achever le second cycle du secondaire. En outre, l’interaction entre l’éducation du père et la fille montre une réduction des inégalités entre filles et garçons dans l’accès au cycle primaire en milieu rural alors qu’en milieu urbain, cette interaction réduit les inégalités dans l’achèvement du cycle secondaire.
Sonia ADOU analyse l’effet de l’inclusion financière sur la sécurité alimentaire en Afrique Subsaharienne, à partir d’un modèle de panel à effets aléatoires corrélés et montre que l’inclusion financière améliore la sécurité alimentaire et cela à travers une relation en U entre l’inclusion financière et la qualité nutritionnelle.
Sur l’innovation agricole,
Hamsatou A. BOUBACAR analyse des déterminants de l’adoption de l’intensification agricole au Burkina Faso à l’aide d’un modèle Logit avec fonction spline et abouti à la conclusion selon laquelle les déterminants de l’intensification agricole au Burkina Faso sont de trois ordres : (i) les facteurs d’ordre économique (superficie cultivée, l’accès aux terres, le niveau de dégradation des sols, les activités génératrices de revenu et la possession d’animaux) ; (ii) les facteurs d’ordre sociodémographique (niveau d’éducation, sexe, l’âge du chef de ménage et la taille du ménage) et (iii) les facteurs d’ordre institutionnels (accès au crédit agricole et l’appartenance à une organisation paysanne).
Salamata BOUGMA analyse l’effet du revenu non agricole sur l’investissement agricole au Burkina Faso en ayant recoure à une approche double obstacle avec un modèle Probit Multivarié pour l’analyse de la décision d’adoption et le modèle Tronqué pour l’analyse de l’intensité d’adoption. Les résultats montrent d’une part que les ménages participant aux activités non agricoles adoptent plus les technologies agricoles et leur dépense dans ces technologies est doublement supérieure à celle des ménages non-participants et d’autre part, que le revenu non agricole a un effet positif aussi bien sur le taux d’adoption que sur l’intensité d’adoption des technologies retenues (fumure minérale, fumure organique, Zai).
Irène B. OUEDRAOGO analyse d’une part l’effet de l’adoption des innovations agricoles sur les efficacités techniques transitoire et persistante et d’autre part l’efficacité allocative des agriculteurs au Burkina Faso. Pour ce faire, l’approche en système des frontières stochastiques avec le modèle à effet aléatoire vrai généralisé (GTRE) du terme d’erreur dans l’analyse de panel a été mobilisée et a permis de déterminer l’inefficacité technique transitoire et ses déterminants, l’inefficacité technique permanente et ses déterminants, et l’inefficacité allocative. Il en ressort que les agriculteurs ont des efficacités techniques transitoires et permanentes respectives de 0,73 et 0,82 et que l’adoption d’innovations contribue à augmenter l’efficacité technique transitoire. De plus, l’on note la présence d’inefficacité allocative dont le coût est de 0,35.

L’accès au foncier et entreprenariat féminin.
Christelle Y. AKPO s’intéresse à l’effet de l’accès au foncier sur les investissements agricoles au Benin en utilisant une approche par fonction de contrôle en deux étapes. Les résultats montrent que les modes d’acquisition tels que la propriété familiale, la location de terre, la pratique du métayage et l’emprunt de terre, affectent négativement les dépenses en intrants et en matériels agricoles, et met l’accent sur le fait que les propriétaires terriens Benin investissent beaucoup plus en intrants et en matériels que les non-propriétaires de terres.
Vladimir E. K. MAWAFO étudie le rôle du financement informel sur le temps que prennent les entreprises avant de se formaliser. Cette étude utilise l’économétrie des modèles de durée en ayant recourt à une analyse non-paramétrique de Kaplan-Meier et une analyse semi-paramétrique avec le modèle à risque proportionnels de Cox. Les résultats montrent que la finance informelle agit négativement sur le risque pour une entreprise de se formaliser particulièrement chez les femmes et lorsque les hommes utilisent le financement informel comme second mode de financement des activités, la probabilité de formalisation est plus grande.
Judith OUBDA identifie et analyse les déterminants de la décision d’adhérer à une association et le choix de participer à une initiative d’entreprise inclusive au Burkina Faso en utilisant un modèle Probit bivarié et montre que le fait de vivre en ville, le fait de vivre en milieu rural, le fait d’être marié, le fait d’être distributeur, influencent simultanément l’adhésion à une association et le désir de participer à l’Inclusive Business.

Professeur Tito Nestor TIEHI
Directeur Exécutif de la CIEREA

ISSN n° 1011-839X

Revue scientifique indexée dans